Un soir assis sur le rebord du monde,
De ces nuits où les rêves vagabondent,
Sur cette falaise au delà de l’océan,
Je regarde l’ombre des brumes au fond du couchant…
Un crépuscule assise de l’autre côté,
La même nuit, le même été,
Sur une plage tu écoutes le vent,
Qui te murmure, « Rejoins-moi, je t’attend… »
Ce soir assis sur le rebord du monde,
Doucement mes pensées vagabondent,
Je quitte ma falaise, je reste là pourtant,
Dans ce rêve aux eaux claires : « Rejoins-moi, je t’attend… »
Dans ce même crépuscule tu te laisses dériver,
Tu écoutes les astres, les hommes, les ondées,
Bercée par le flux et le reflux,
Tu t’envoles, comme un oiseau perdu…
Après la nuit je me réveille,
Et regarde le ciel vermeil,
Et la terre, devant nous, étincelle,
D’une neige blanche, éternelle…
Au matin la plage disparue,
A laissé place au paradis perdu,
Autour de toi tout est blanc,
Aussi loin que porte l’océan…
Et je regarde celle qui m’accompagne,
Elle est blanche comme neige de montagne,
Les yeux bleus de Scandinavie,
Ils sont beaux, des yeux de Sibérie…
Et tu regardes le loup lové contre toi,
Il est blanc lui aussi, un blanc de Savoie,
Dans ses yeux brille l’éclats des forêts,
Giboyeuses, ancestrales, que les loups adoraient…
Ils sont deux loups sur la terre,
Espèrent ne jamais revenir en arrière,
Seuls au monde, jamais ne se souviennent,
Du temps, ni de leur forme humaine…
Ils sont deux loups sur la terre,
Ils courent, chassent leurs gibières,
Ils sont heureux, d’une sublime ivresse,
De sentir sur leur corps du vent les caresses…
Ils sont deux loups sur la terre,
Ne pensent ni à demain, ni à hier,
Ils courent à en perdre haleine,
Heureux d’être deux dans la plaine sibérienne…
Ils sont deux loups sur la terre,
S’endorment lorsque tombent leurs paupières,
Au matin se réveillent, mais jamais n’oublièrent,
Qu’ils furent deux loups sur la terre…














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